Make your own free website on Tripod.com

niflheim-logo3.jpg

Antre | Essais incongruents | Liens | Évolution | Créations | Photographies

Vu la publication anglophone prochaine de la chronique, nous mettons ici la version originale.

 

Chronique sur l'art

 

Étant donné que ce magasine a pour but de montrer quel dessein se cache derrière le visage artistique des groupes en faisant parti, il est logique, voir essentiel, de commencer par définir ce qu’es l’art et l’artiste selon nous. Les mots étant la sources des plus grand malentendus, nous commençons ici, pour introduire notre thèse, par une étude de la racine des termes. L’art sans passion se comparant, selon nous, à la reproduction, par un enfant de 5 ans, d’une toile de Raphaël ou encore d’une boulette difforme de pâte à modeler illustrant une sculpture de Rodin, il est nécessaire de préciser ce qu’es véritablement la passion

 

Le mot « art » provient du latin ars ou artis qui se traduit par « habileté » ou « talent ». Le mot « passion », quant à lui, provient aussi du latin patior mais signifie « souffrance » et « douleur ». Ceci étant dit nous déduirons que l’artiste est l’être qui possède l’habileté de manier sa souffrance et de transférer sa douleur en ce qu’il désire. L’art est en fait toute chose entreprise avec fougue et passion. Mais attention! Il ne faut pas uniquement voir la noirceur des choses… si la lumière aveugle, la noirceur déploie un voile sur nos cerveaux et nous cache tout autant la vue. Les larmes sont faites pour abreuver les arbres et les faires fleurirent.

Une autre chose qui distingue l’artiste de l’humain moyen est son éternelle quête non pas de pouvoir ou d’argent mais de beauté pure et simple. L’esprit libre ne fait pas abstraction des laideurs : il plonge en elles, s’en délecte jusqu'à ce qu’à s’être emplie de cette même abjection. Il épouse sa douleur. Et à l’instar des larves qui deviennent papillons, ces défections de l’âme s’épanouiront, muterons en de beautés telle qu’aucun œil ou esprit humain ne pourrait en concevoir.

 

Selon les stoïciens, les passions étaient les perversions de la raison, l’égarement de notre jugement qui nous écartait de nos devoirs naturels. Ceux-ci se résumant à la platitude d’une rationalité pré-établie par les besoins protocolaires de notre société, il est compréhensible que les esprits libres, les passionnés, cherchent s’en isoler et à enrichir leur cœur… l’art peut être comparé à un parcelle, un portail menant à un autre monde. Un univers, une dimension différente pour chacun mais pourtant se révélant être baigné de la même sérénité salvatrice. Le problème avec l’art contemporain est qu’il est rare d’y trouver des créateurs habités de cette flamme imparable. Pour la musique, les groupes à radio et à télévision ne sont autres que de piètres sensationnalistes. Pour la peinture ou la sculpture, il s’agit de simples humains qui dessine une trace rouge sur une toile ou collent des cure-dents à du papier d’aluminium et prétende ensuite que cela représente leur mal de vivre et que si les gens ne comprennent pas cette allusion, c’est qu’ils sont frigides.

 

La raison pour laquelle nous tenions à faire notre chronique sur ce sujet est simple : beaucoup de gens qui liront ce texte font parti des larves qui se conduisent de l’indésirable façon face à l’art… ils ne s’envoleront jamais et c’est tant pis pour eux, ils n’en sont pas digne… Par contre, il est facile de juger ces gens qui n’ont peut-être simplement pas eu le coup de l’essor vers la liberté de l’esprit et nous respectons ceux qui tendent vers cette exhalaison. Peut-être qu’indirectement une flamme s’allumera au-dedans des joyaux perdus au cœur de cette infâme masse de pourriture qu’es la civilisation.

 

                                                                                 ..Orion & Neptune, 15 juillet 06